Astuces

Pourquoi se méfier des aliments transformés ?

N’avez-vous jamais pensé à suivre à la lettre les recommandations nutritionnelles et éliminer totalement de votre alimentation tous les aliments nocifs pour votre santé ? Par nocifs, nous parlons ici des produits industriels, qu’ils soient peu ou ultra-transformés. Il s’agira, pour faire simple, des produits agricoles que l’industrie agroalimentaire a transformés par l’ajout d’additifs alimentaires. Faire votre pain vous-même à partir de votre propre blé, boire du lait végétal fabriqué par vos soins, consommer de la viande de poulet élevé dans votre jardin…autant de rituels qui paraissent de nos jours totalement archaïques, mais qui reviennent pourtant à la mode face à la prise de conscience collective que l’industrie nous tue à petit feu. Modifier aussi radicalement son quotidien peut paraître illusoire, voire totalement impossible. Il n’en est toutefois pas moins vrai que votre corps vous remercierait pour cet effort et vous donnerait une sensation d’énergie supplémentaire considérable. Alors, sans pour autant en arriver à se transformer en ermite qui se nourrit d’écorces d’arbres et de sève de pin, vous verrez qu’apprendre à lire les étiquettes nutritionnelles est déjà un bon début pour éviter de tomber dans les pièges de débutants. Cela vous sera très utile à l’heure de diminuer petit à petit votre consommation d’aliments transformés pour laisser davantage de place aux produits naturels. Faisons dès à présent le point sur la question et remplissons nos assiettes avec tout le bon sens nécessaire.

Le sucre : cet invité surprise dont on se passerait bien

Difficile de fuir le sucre lorsqu’il vous poursuit au quotidien ; les diabétiques seront les premiers à le confirmer. Le médecin vous a ordonné de limiter au maximum votre apport en sucre ? Qu’à cela ne tienne, le café sera à présent accompagné d’édulcorant. Si cela pouvait être aussi simple…malheureusement, le sucre est présent dans bien plus d’aliments qu’il n’y paraît, et, tenter d’opter pour des édulcorants est loin d’être la solution idéale. En effet, l’industrie a recours dans bien des cas à l’apport de sucre pour donner du goût à ses produits, mais aussi pour aider à leur conservation. Il s’agit-là de l’additif idéal, notamment pour son faible coût. C’est la raison pour laquelle il est largement utilisé pour rendre les produits compétitifs.

Sucre

Le consommateur final, quant à lui, pensera faire un bon choix nutritionnel en optant pour un yaourt nature, ignorant en fait que ce dernier contient tout de même du sucre. Cette omniprésence du sucre est telle que sa consommation a augmenté de 20% depuis les 20 dernières années, alors que nous en achetons toujours la même quantité, soit 4kg par personne et par an. Vous aurez donc bien compris qu’il est très fort pour se cacher dans notre alimentation, d’où son danger. Lorsque l’on sait que 75% de sa consommation provient de source indirecte, c’est-à-dire d’aliments transformés, il y a d’autant plus matière à s’alarmer. À cause de l’importante augmentation des maladies cardiovasculaires liées à la consommation de sucre, l’Association Américaine du Coeur (AHA) a établi en 2009 des références, afin d’aider le consommateur à équilibrer son apport en sucre. La limite à ne pas dépasser serait donc de 100 calories de sucre par jour pour une femme, soit 6 cuillères à café. Et cela est loin d’être une bonne nouvelle, lorsque l’on sait qu’un simple yaourt aux fruits en contient déjà 4, qu’une portion de sauce tomate en contient 5 et qu’un soda en contient jusqu’à 13,5. On se rend alors très vite compte du problème en réalisant que même les produits en apparence anodins en contiennent une dose importante.

Le réalisateur Australien Damon Gameau a d’ailleurs réalisé une expérience à ce sujet, afin de démontrer les ravages de l’industrie sucrière sur la santé. À travers son documentaire « Sugarland », sorti en France en janvier 2018, nous observons le réalisateur suivre un régime riche en sucre pendant 60 jours, sous la surveillance d’une équipe médicale. Contrairement au documentaire « Super Size me », où Morgan Spurlock s’était nourri de fast food du matin au soir pendant un mois entier, le réalisateur se nourrit ici uniquement d’aliments considérés comme sains, tels que des yaourts 0%, des jus de fruits, des plats cuisinés lights, etc. On remarque vite qu’il n’est pas nécessaire de consommer des confiseries ou autres sodas pour que le compteur à sucre s’emballe. N’hésitez pas à jeter un œil à la bande-annonce ci-dessous si le sujet vous intéresse.

 

 

La graisse et le sel : le duo infernal qui vient compléter le tableau

Comme si le sucre n’était pas suffisant pour nous compliquer la vie à l’heure du repas, d’autres « ennemis » viennent s’ajouter à l’équation : le sel et les mauvaises graisses. Souvenez-vous de notre article sur les graisses, dans lequel nous faisions le point sur les différents types de graisses. Nous parlions d’un type de graisse qu’il fallait fuir à tout prix : les graisses trans. Eh bien, les voici à nouveau sur le devant de la scène, et, toujours pas pour de bonnes raisons. Adam Drewnowski, professeur d’épidémiologie de l’Université de Washington, a été l’un des premiers à pointer du doigt le fait que les produits sucrés sont dans une grande majorité associés à des graisses. Et c’est encore là que ça se complique, car ces dernières sont encore plus fourbes que le sucre. En effet, lorsqu’un aliment est trop sucré, il ne sera tout simplement pas à notre goût, alors que notre cerveau aura tendance à baisser la garde face à un aliment gras, peu importe la quantité de graisse qu’il contient.

Donut

Michael Moss, lauréat du prix Pulitzer en 2010, explique à travers son livre « Sucre, sel et matières grasses : Comment les industriels nous rendent accros » que la moitié, voire plus, des calories contenues dans une majorité des soupes, biscuits, chips, gâteaux et autres plats surgelés est en fait de la graisse. Or, comme le consommateur n’identifie pas ces aliments comme gras, il les achète sans scrupules. Vous y penserez peut-être à deux fois la prochaine fois que vous opterez pour une barre chocolatée pour le goûter : certes, elle contient du sucre, mais la majorité de ses calories proviennent au final de la graisse qu’elle contient.

CharcuterieParlons à présent du petit dernier qui fait le bonheur des industriels : le sel. L’Organisation Mondial de la Santé (OMS) préconise d’en consommer 5g par personne et par jour. Néanmoins, nous avons du pain sur la planche pour atteindre ce chiffre, puisque notre consommation de sel est actuellement deux fois plus élevée. Et, à votre avis, d’où viennent les 80% de cet apport ? Mettons vite fin à ce suspense insoutenable : ils viennent bien du sel, qui est largement utilisé par les industriels en tant que correcteur de goût. Largement présent dans la charcuterie ou encore les biscuits apéritifs, il est parfois simplement utilisé pour éviter que les engrenages des machines à pétrir le pain ne se bloquent. Autant dire que le recours au sel est largement plus important que l’on pourrait le penser.

Le consommateur, victime du marketing

Mais alors, comment se fait-il que nous consommions tant de produits si nocifs pour la santé sans même nous en rendre compte ? Tout simplement parce-que la majorité des consommateurs a des difficultés à interpréter les informations disponibles sur les emballages alimentaires. Effectivement, d’après un sondage Nielsen, 59% des consommateurs ne comprendraient pas les informations nutritionnelles des étiquettes alimentaires. Et alors, lorsque la publicité vient s’en mêler, c’est le coup de grâce : l’opération séduction convainc dans bien des cas. Et c’est bien là que réside le problème, car 61% des publicités concerneraient des produits qui ne sont en réalité pas bons pour la santé. En plus de cela, beaucoup d’industriels ont recours aux allégations nutritionnelles pour promouvoir leurs produits, c’est-à-dire qu’ils suggèrent que ces derniers possèdent des bénéfices nutritionnels et qu’ils sont bons pour la santé. Ils mettent alors l’accent sur un ingrédient en particulier et le font payer le prix cher. C’est par exemple la technique de certains yaourts, vendus à des prix exorbitants sous prétexte qu’ils contiennent du L. casei, qui aiderait le système immunitaire. En réalité, ce qui aide le système immunitaire est simplement la vitamine qu’ils ajoutent pour pouvoir légalement affirmer que le produit en question booste les défenses de l’organisme. Nous aurions en fait tout intérêt à manger une banane, qui contient trois fois plus de vitamine B6 qu’un probiotique et qui coûte quatre fois moins cher. Attention donc à ne pas être trop crédule face aux publicités.

Comment limiter les dégâts ?

Il est par conséquent tout naturel de se demander s’il existe une solution miracle pour ne pas être victime des aliments transformés. Le danger d’une consommation excessive de ces produits est bien réel et peut entraîner des problèmes de tension, de surpoids, de cholestérol, de diabète ou tout simplement être à l’origine d’une asthénie. Alors, il existe bien l’option de bannir à tout jamais les aliments industriels de son alimentation et de se nourrir uniquement des fruits et légumes de son potager. Toutefois, cette option-là nous semble un tantinet radicale. De plus, il y a des aliments transformés qui sont, admettons-le, bien moins nocifs pour la santé que d’autres. Il ne serait pas juste de mettre dans le même sac des épinards surgelés et des beignets au chocolat. Le plus simple serait donc de plafonner sa consommation d’aliments peu transformés (tels que le pain intégral, le fromage, les yaourts, etc.) à un maximum de 25 à 30% de son alimentation quotidienne. Voilà une solution qui semble bien plus conciliable avec le rythme de vie d’aujourd’hui et qui permet d’équilibrer son alimentation sans trop de concessions.

Légumes

Vous aussi, faîtes le plein d’énergie et prenez soin de votre santé en vous nourrissant principalement de produits naturels. Un petit effort de cuisine suffira pour mettre en valeur ces fruits et légumes qui n’attendent qu’une chose : partager leurs bienfaits.

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